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L'Ami spirituel

Souvent, nos écrits ont mis en relief les difficultés liées à la pratique de la connaissance de soi et du discernement spirituel. En effet, il n'est pas rare de confondre cette pratique avec la simple observation égotique de soi-même.

Fréquemment, nous avons dit qu'une des grandes difficultés éprouvées par le chercheur sur le sentier de la connaissance de soi, consiste en une observation de soi à partir d'un centre égotique d'observation. Or, il est évident que l'égo qui veut s'observer lui-même ne peut nullement parvenir à atteindre son objectif. Lorsque vous pensez : « Je suis en train de m'observer », cela signifie seulement que vous n'êtes pas en train d'observer l'observateur. C'est là une voie sans issue. L'égo qui veut connaître la nature de la vie bloque toute possibilité de connaissance réelle ; l'égo qui veut faire mourir l'égo ne peut pas mourir. Cette volonté de mort ne fait que le maintenir. L'égo ne peut connaître que ce qui est de sa propre nature. La dimension impersonnelle de l'être, au-delà de la pensée, ne peut être atteinte que par ce qui est au-delà de la pensée. En cela réside la grande difficulté éprouvée par la plupart des chercheurs spirituels. L'être Intérieur ne pouvant être connu que par l'être Intérieur, il devient par conséquent extrêmement difficile au chercheur d'accéder à cette racine non localisée. C'est alors que peut s'avérer nécessaire l'intervention d'une Grâce ou d'un attouchement, c'est-à-dire l'intervention d'un mouvement provenant directement du Souffle Intérieur et transcendant la personnalité localisée au moyen d'une énergie prenant sa source au plus profond de l'être, au-delà de la pensée, dans la dimension essentielle qui fonde tout être humain.

L'instructeur peut être un des instruments de cette Grâce, l'étincelle qui va mettre en action le processus initiatique de mise en Présence de cela.
Il convient avant tout de remarquer que l'oeuvre de l'instructeur ne consiste pas à rendre le chercheur dépendant de son action. Il ne s'agit pas non plus de se faire admirer ou adorer par des serviteurs béats dont le zèle n'aurait d'égale que la soumission. « N'appelez personne Maître » s'exclame l'Evangile. Sans dogmatiser de nouveau cette phrase, il est nécessaire de bien comprendre que la notion d'instructeur n'a rien à voir, ni de prés ni de loin, avec l'idée occidentale que l'on peut avoir du rôle d'un gourou. Ce n'est pas une question d'autorité, c'est une question d'amour. Le travail de l'instructeur est de nous faire comprendre que le véritable Maître est en chacun de nous. Et ce travail ne peut être accompli que dans la plus grande humilité. La vraie connaissance rend humble. Elle nous fait comprendre que tout ce que nous avons nous a été donné. Même notre vie ne nous appartient pas. Le véritable instructeur n'a donc point de disciple. Il n'a que des compagnons de route. S'il enseigne, c'est presque malgré lui. Il n'est qu'un ami spirituel qui a avancé un peu plus loin que nous sur le Chemin et jamais il ne songerait à tirer profit d'un tel avancement. L'action de l'instructeur ne remplace pas le travail du chercheur. Au contraire, elle suscite le travail et fait en sorte que celui-ci soit productif et créatif, en orientant le chercheur vers sa dimension réelle.

Les chercheurs zélés et volontaires ne manquent pas. Mais leur travail manque souvent d'orientation et l'énergie se disperse parfois dans des activités n'ayant pas toujours l'efficacité et la sagesse requises. Nous sommes semblable à un oiseau fou qui s'agite dans sa cage et bute contre les barreaux. Et tant que nous nous agitons, nous ne nous rendons pas compte que la porte de la cage est ouverte et que nous pouvons prendre notre envol vers des horizons inconnus. Stupide est celui qui va creuser un puits sur les rives d’un fleuve pour y chercher de l'eau. Pourquoi ne va-t-il pas puiser les eaux claires du fleuve ? Pourquoi ne voit-il pas ce qu'il a près de lui ? Pourquoi cherchons-nous toujours à coté ? Le rôle de l'ami spirituel est justement de montrer le fleuve au fou qui est en train de creuser son puits ; car la découverte du fleuve de l'esprit demande parfois une intervention qui puisse nous permettre de nous rendre compte de notre folie spirituelle. Dans cette parabole du puits inutile, l'homme stupide peut néanmoins découvrir le fleuve, car il connait au moins une chose : la nature de l'eau qu'il recherche. Mais sur le sentier qui conduit vers soi-même, nous ne connaissons rien de ce qui est au-delà de la pensée, immuable et éternel. Nous ne savons rien de ce que peut être le Souffle Intérieur. Il peut donc être parfois nécessaire que quelqu'un nous éclaire sur ce point, en provoquant par de multiples moyens la cessation de la dispersion, la disparition instantanée de l'égo grâce à une sorte de « gifle spirituelle » qui laissera surgir la claire Lumière Intérieure, sans laisser le temps à l'égo de récupérer l'expérience et de la nommer.

L'ami spirituel est en contact direct avec cette dimension qui est au-delà de la pensée, ineffable et éternelle. Avec lui, il y a mise en Présence. Il est entouré de ses énergies et sa vie, dans une certaine mesure, peut constituer un exemple du comportement harmonieux dont tout homme a besoin sur le Chemin de l'Initiation. Toutefois, dans sa relation avec ses compagnons de route, l'ami évite toujours de constituer une autorité ; son comportement ne doit pas devenir un modèle, un patron de vie que le chercheur devra suivre. En vérité, ce mode de vie ne peut être imité et il ne surgira chez le chercheur que lorsque celui-ci sera libre de tout modèle, de toute autorité. L'instructeur n'est donc en aucun cas une autorité ; c'est un simple ami spirituel qui témoigne de notre progrès spirituel et reflète tous nos mouvements internes.

Par la vie qu'il mène, il nous montre les aspects inharmonieux de notre comportement spirituel. Il ne nous juge jamais. Comment le pourrait-il ? Il ne cherche pas à nous dicter notre conduite ni à modifier nos traits de caractère. Il se contente d'être ce qu'il est, en toute authenticité. Il pourrait enseigner sans avoir à parler, sans même vouloir enseigner. Il porte en lui-même le message essentiel, cette dimension qui le dépasse, « tellement Autre que lui ; plus lui-même que lui-même ». Il se contente d'être pure transparence. Il devient comme un miroir dans lequel nous pouvons regarder. Et qu'y voyons-nous, si ce n'est nous-même ? Lorsque nous sommes nu dans notre chambre et que nous sommes seul, cette situation est très ordinaire et il n'y a rien qui puisse nous mettre mal à l'aise. Mais lorsqu'il y a un témoin à notre nudité, cela est bien plus dérangeant, surtout si nous sommes plein de complexes, de blocages ou de conditionnements. L'ami spirituel est le témoin de notre nudité, le miroir dans lequel se projettent toutes nos limitations, tous nos enfermements. Sa simple présence fait que nous nous rendons compte de tous les mécanismes inadéquats que nous mettons en oeuvres. Cela peut permettre un grand travail sur soi. Vivre en compagnie de l'ami est d'une grande intensité. Son comportement de vie nous projette dans une autre dimension de vie, un lieu sans repères ni références qui semble parfois nous agresser et nous désécuriser. Mais en même temps, cette situation peut nous libérer de nos propres chaînes. D'une façon très spontanée et sans aucune prétention, l'ami accomplit sa tâche d'éveilleur de conscience. Sa vie et son enseignement ne font qu'un. En ce sens, il ne s'attribue pas lui-même le rôle d'instruire ; il ne se cache pas derrière une fonction d'instructeur ; et surtout, il ne se situe pas à un niveau hiérarchique plus élevé que le notre. Quel besoin aurait-il de tout cela ? En réalité, le véritable ami spirituel n'est jamais qu'un éternel chercheur, ni plus ni moins. Il est celui qui parcourt réellement le Chemin, en toute authenticité. Peut-être est-il seulement un peu plus nu que nous, un peu plus vrai. Il est certain qu'il ne cherche pas volontairement et égotiquement à humilier ses compagnons de route. Ce n'est pas de lui-même qu'il met parfois ses frères et soeurs dans une position psychologique inconfortable. Mais sa transparence évoque des reflets fidèles de nos comportements aussi bien grossiers que subtils. Les reflets de ce miroir peuvent être aussi terribles que merveilleux. Face à l'ami, nous sommes dans une situation très incommode qui consiste à voir un reflet très exact de soi-même. Dés que ce miroir est devant nous, il devient impossible de se cacher ; l'ami lit tout ce qui se passe en nous et démasque toutes nos astuces.

La première impression que nous avons lorsque nous entrons en contact direct avec l'ami est souvent une sensation d'agression. Toute cette spontanéité et cette ouverture nous agressent. Pourtant, l'ami est extrêmement doux et modeste. Il n'est en lui de violence d'aucune sorte. Mais d'une façon subtile, sa présence nous oblige à contempler notre insuffisance. Il nous est difficile de supporter une présence qui soulève des questions que nous voudrions éluder à tout prix. Pourtant l'ami ne le fait pas exprès. Il se contente d'être ce qu'il est. C'est peut-être là le plus terrible. Parfois même, nous souhaiterions le fuir, le haïr ou l'agresser. Bien qu'il ne fasse rien pour réformer notre conduite, bien qu'il ne nous juge jamais, il continue d'agir par le fait même d'être ce qu'il est, sur notre conscience endormie. Chacun de nos mouvements face à l'ami, qu'il s'agisse de haine, d'amour, de fuite, de rapprochement, de question ou de réponse nous renvoie toujours à nous-même. Si nous posons une question, la réponse est souvent inattendue et surprenante. Elle nous laisse en équilibre sur une seule jambe. Et tout ceci nous irrite profondément. Dans cette attitude, tout au moins au début de notre relation, il y a une espèce de rejet de notre part. Cet ami nous empêche de nous cacher ; il fait obstacle à notre petit égo, à nos schémas habituels. En vérité, tant que nous ne voulons pas lâcher prise et nous détacher de ce que nous croyons être nous-même, tant que nous luttons pour les images de nous-même que nous projetons, tant que nous ne nous ouvrons pas, nous ne nous rendons pas compte que les réponses de l'ami spirituel viennent en réalité de notre propre univers intérieur. Au fond, si nous rejetons l'ami, c'est parce que nous nous rejetons nous-même ! Dans notre relation avec lui, nous prenons conscience du fait qu'il perçoit nos mouvements internes avec une finesse incroyable. Au début, nous essayons de le tromper en dissimulant les aspects grossiers de notre caractère, en interposant entre lui et nous une image propre et calculée de nous-même. De toute évidence, il y a une certaine paranoïa au début de notre relation. Mais toutes nos cachotteries finissent par échouer lamentablement. Plus nous voulons nous cacher, plus nous devenons une caricature transparente et évidente. Cela nous donne l'impression que quelqu'un est en train de lire toutes nos pensées. Mais il s'agit en réalité de toute autre chose. L'ami est en nous, derrière nos pensées. Il est un avec notre dimension ineffable ; il nous renvoie notre image réelle. Il a en lui le pouvoir de discernement des esprits dont nous parle Saint Paul et qui est une propriété de notre dimension christique. Cela devient très irritant. Il connait trop de choses sur nous, il saisit les énergies d'une façon beaucoup trop précise. Nous nous sentons nu et c'est insupportable, même s'il se montre très discret, respectueux et effacé, même s'il n'intervient ni ne juge jamais.

Après cette impression d'agression, ou en même temps, apparaît le phénomène inverse d'attraction. Lorsque nous comprenons que notre irritation est proportionnelle à notre degré d'égotisme, lorsque nous commençons à nous ouvrir vraiment et à être authentique, toutes les images que nous projetions de nous-même disparaissent dans l'ouverture en libérant une grande quantité d'énergie. Nos préjugés sur ce que devait être ou ne devait pas être l'ami spirituel s'effondrent aussi et nous nous trouvons face à la situation telle qu'elle est. Dans cette ouverture, nous commençons à percevoir quelque chose d'extraordinairement nouveau. L'instructeur est celui qui actualise et manifeste une dimension impersonnelle qui est bien au-delà de la pensée. C'est une dimension que l'on ne peut découvrir que dans l'ouvert. L'espace et l'énergie libérés de toutes nos projections révèlent ici une dimension lumineuse. C'est la raison pour laquelle chaque geste, chaque parole, chaque mouvement de l'ami contiennent une énergie extraordinaire que nous pouvons maintenant percevoir, parce que nous avons cessé de le regarder en nous référant à notre centre égotique. En tant que miroir de nous-même, l'ami va favoriser la situation ouverte dans laquelle aura lieu l'irruption soudaine de l'Etre Intérieur dans la conscience du chercheur. Nous sommes alors saisi par une Présence. Quelque chose est là que nous expérimentons pour la première fois. L'Etre se révèle à l'Etre. L'au-delà de la pensée se révèle à lui-même. L'ami ne nous donne pas l'Illumination ; il crée seulement le moment psychologique qui va nous permettre de découvrir seul la dimension impersonnelle qui nous habite. Nous nous rendons compte que derrière les paroles, les gestes et le comportement de l'ami est un fond supramental qui nous soutient également. Ainsi, en regardant notre ami, c'est notre Etre Intérieur que nous découvrons. La Lumière découvre la Lumière ; la Conscience reconnaît la Conscience ; le Divin épouse le Divin. Pourtant, la vie et les gestes dont nous prenons conscience chez l'ami et chez nous-même maintenant, n'ont absolument rien d'extraordinaire et de surnaturel. Bien au contraire, plus la situation est ordinaire, plus elle semble développer de puissance illuminatrice. Mais la captation de ce geste essentiel de l'ami ne dépend souvent que de notre capacité d'ouverture. Le pouvoir illuminateur de ce geste essentiel vient du fait qu'il semble surgir de l'impersonnel. Il ouvre la conscience sur un univers sans références, sur un espace lumineux et clair où s'éteint toute dualité. Dans le geste, dans l'Etre, dans l'Amour, l'ami et nous ne faisons plus qu'un.

Telle est donc cette Grâce, cette mise en Présence qui peut nous aider à voir plus clair en nous-même. Cet attouchement, qu'il dure une seconde ou des mois, nous projette de plain pied sur le sentier de la Gnose en nous donnant l'intuition de sa vérité pratique. Il découvre un Chemin que nous croyions connaître et que nous ignorions. D'aveugles que nous étions, il a transformé notre être afin que nous sachions dorénavant qui est Celui qui est en nous. Peut-être n'était-ce qu'un éclair déchirant la nuit... Mais il a tracé pour nous un Chemin vers l'Inconnaissable dont nous sommes la demeure, le réceptacle de verre.

Au-delà de la pensée est un Royaume Immuable. Au-delà de nous-même est un Autre que nous qui est nous... Humble sa Voie, douce sa Présence... Lui seul est Maître de toutes nos absences... Amour son nom, Lumière son essence...



(Lettre Mensuelle n°11, Centre d'Etudes Hiérosophiques, 1991)

Dernière modification le : 08/12/2009 @ 14:04
Catégorie : Le Souffle du Dragon

Rugissement

Comme se lève la brume par-dessus la cime des arbres, ainsi se réveille le Dragon qui s'étire sur Sa Terre.

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